Une étude attribue 60 % des particules intérieures à l’extérieur, les semelles en cause
Dans les maisons japonaises, une zone d’entrée sépare le dehors du foyer. Une décoratrice l’adapte à un intérieur occidental, et une étude mesure ce que les semelles apportent.
En bref
- Le genkan est l’espace d’entrée des maisons japonaises où l’on laisse ses chaussures.
- Une étude de 2023 attribue à l’extérieur 60 % des particules présentes à l’intérieur.
- Les microbiologistes déconseillent pourtant d’aller pieds nus : chaussons ou chaussettes sont préférables.
- La décoratrice Alicia Martínez recrée cette zone avec des paniers et un meuble à chaussures.
Au Japon, nul ne pénètre dans une maison sans retirer ses chaussures, et l’architecture s’est peu à peu façonnée autour de ce geste. Les logements disposent d’un emplacement prévu à cet effet, le genkan, qui délimite l’intérieur et l’extérieur. Vogue France décrit cette tradition comme très appréciée des passionnés d’organisation et de sérénité domestique, et y voit une inspiration qui précède de loin les méthodes de rangement aujourd’hui célèbres.
Un seuil qui sépare le dehors du foyer
Se déchausser en rentrant chez soi est une tradition japonaise très ancienne, au point d’avoir influencé la conception des logements. C’est dans le genkan que les habitants laissent leurs chaussures avant de pénétrer dans les pièces de vie.
Cet espace ne s’est pas figé. Dans certaines maisons, il s’est modernisé au fil du temps : on y trouve désormais des rangements pour chaussures et des porte-manteaux où déposer parapluies et vêtements d’extérieur.
Ce rituel ne se limite pas à l’hygiène. Au Japon, quand on laisse ses souliers à l’entrée d’un hôte, on lui témoigne de la déférence, et l’on contribue aussi à garder la maison propre et ordonnée, puisqu’une limite bien visible sépare le dehors du foyer.
Ce que les semelles font entrer dans la maison
Selon les microbiologistes, se déchausser dès l’arrivée freine l’introduction de poussière et de saletés. Le risque de voir des agents pathogènes se propager dans le logement diminue également. La logique est la même pour les habits portés dehors : mieux vaut éviter de s’installer sur le lit avec eux, afin d’écarter la contamination croisée, c’est-à-dire le contact des acariens et des micro-organismes avec la peau ou la chevelure durant la nuit.
Les auteurs de ce travail sont des chercheurs de la Faculté des sciences naturelles de l’université Macquarie, à Sydney. Leur analyse a révélé que ces particules renfermaient des métaux toxiques à l’état de traces, tels que le zinc ou le plomb, que l’on rencontre d’ordinaire dans la terre des rues et des routes. Cela montre bien que les chaussures sont capables de transporter ces éléments minuscules ainsi que des micro-organismes.

Reste une nuance, que les microbiologistes soulignent eux-mêmes : il ne s’agit pas d’aller pieds nus chez soi. Il vaut mieux porter d’autres chaussures ou des chaussettes, car marcher pieds nus augmente le risque de verrues plantaires ou de mycoses.
Recréer un genkan sans hall séparé
Dans les habitations occidentales, il n’existe en général aucune séparation d’architecture entre l’extérieur et la porte d’entrée. Les spécialistes du rangement transposent donc cette tradition grâce à des solutions modestes. Le cas de la décoratrice Alicia Martínez, qui publie en ligne sous le pseudonyme @aly_deco_home, illustre cette adaptation :
- un grand panier posé au sol à l’entrée, où elle range ses chaussons d’intérieur ;
- un meuble à chaussures pour celles qui ont servi dehors ;
- un panier prévu pour les clés ;
- les manteaux rangés dans le couloir d’entrée.
Elle décrit ainsi son geste : « En entrant chez moi, quand j’enlève mes chaussures, j’enfile mes chaussons, cela m’évite de marcher sur le sol, puis je range mes chaussures d’extérieur dans le meuble à chaussures ».
« Je m’aide des paniers pour que chaque élément ait sa place et ne soit pas à la vue de tous. »
Alicia Martínez, décoratrice
Pour elle, ranger sa veste dans l’armoire dès le retour est « une petite habitude qui a un grand impact » et qui contribue à l’ordre au quotidien. Le principe est le même qu’au Japon : on traite l’arrivée comme un sas, où chaque objet trouve sa place avant d’entrer dans les pièces de vie.
L’article de Vogue France reprend un texte initialement publié par Vogue Espagne.
Photo : Samson Katt / Pexels
