Nous ne voyons que 93 milliards d’années-lumière de l’Univers, pourquoi ?

Bord, mur ou illusion de perspective, la cosmologie décrit la part visible de l’Univers et ses scénarios de fin, sans trancher sur ce qui viendrait après.

Clara Bellanger Par Clara Bellanger
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Nous ne voyons que 93 milliards d’années-lumière de l’Univers, pourquoi ?
Une personne regarde dans un télescope sous un ciel étoilé, sur une pelouse, avec des collines en silhouette à l’horizon.

En bref

  • Ce que nous voyons de l’Univers n’en serait qu’une partie, la lumière lointaine n’étant pas encore arrivée jusqu’à nous.
  • L’Univers pourrait être infini, ou fini sans bord, donc sans mur ni extérieur.
  • Trois scénarios de fin sont évoqués : Big Freeze, Big Crunch et un éventuel retour à des conditions proches du Big Bang.
  • D’autres univers sont envisagés par certains modèles, sans démonstration.

« Après l’Univers, il y a quoi ? » Selon Ça m’intéresse, cette question d’enfant laisse sans réponse les plus grands scientifiques modernes. Pour s’en approcher, il faut d’abord séparer ce que l’on observe de ce qui existe peut-être plus loin.

Une portion seulement du cosmos

L’Univers se dilate, et la région que nous apercevons depuis la Terre n’en forme qu’un fragment. Il pourrait s’étirer bien plus loin, sur des dizaines de milliards d’années-lumière. La raison tient à la lumière : elle voyage avant de nous atteindre, et à l’échelle du cosmos ce trajet peut durer des milliards d’années.

13,8 milliards d’annéesâge estimé de l’Univers
93 milliards d’années-lumièreétendue de la partie observable

Ce contraste entre l’âge et la taille tient au fait que l’espace lui-même s’étend. Au-delà de la zone observable, galaxies, étoiles et matière pourraient exister, mais leur lumière ne nous est pas encore parvenue.

Pourquoi parler de mur est trompeur

Imaginer l’Univers comme une bulle est une image commode, mais elle égare. Sa forme n’est pas tranchée : il pourrait être plat ou courbé, voire asymétrique. Il pourrait aussi être infini, ou bien fini sans aucun bord. Et comme c’est a priori l’espace qui se dilate en continu, affirmer qu’il possède des limites concrètes reste malaisé.

Une femme et trois enfants posent près d’un télescope sur trépied, de nuit, au bord d’un plan d’eau, sous un ciel éclairé par la lune.
Une famille pose près d’un télescope, au bord d’un plan d’eau, sous un ciel nocturne éclairé par la lune. Photographie d’archive prise le 12 août 2022 (Everglades, États-Unis). Photo : evergladesnps / Wikimedia Commons

Trois façons d’imaginer la fin des temps

Plusieurs théories existent pour la fin des temps. L’Univers serait né lors du Big Bang, puis connaîtrait un sort qui varie selon le scénario retenu. Le tableau les met côte à côte.

Scénario Principe Condition et degré d’incertitude
Big Freeze Expansion sans frein : l’Univers se dilue, se refroidit complètement et s’éteint peu à peu. Une des théories avancées pour la fin des temps.
Big Crunch L’expansion s’inverse et l’Univers se contracte à l’extrême. Rien n’est certain. Une étude récente le théorise dans environ 33,3 milliards d’années, si le comportement de l’énergie noire venait à changer.
« Big Bang 2.0 » Après un Big Crunch, retour à des conditions proches de celles du Big Bang. Simple question posée : un nouveau Big Bang pourrait-il en découler ?

Le Big Freeze et le Big Crunch sont des opposés : l’un repose sur une dilatation qui ne s’arrête jamais, l’autre sur un renversement du mouvement d’expansion. Dans le second cas, l’énergie noire joue un rôle central, puisque c’est un changement de son comportement que l’étude évoquée met en avant.

D’autres univers, et un aveu d’ignorance

Certains modèles théoriques envisagent d’autres univers, dont les propriétés physiques différeraient des nôtres. Ce sont des hypothèses de modèles, pas des observations. Quant à savoir ce qu’il y a après l’Univers, la question reste ouverte pour les plus grands scientifiques modernes, d’après Ça m’intéresse.

La frontière la plus nette n’est donc pas dans le ciel mais dans la connaissance : la zone observable s’étend sur 93 milliards d’années-lumière, et la cosmologie n’a pas de réponse établie au-delà.

Photo : Skyler Ewing / Pexels

Clara Bellanger

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Clara Bellanger

Clara Bellanger a travaillé dans une épicerie bio coopérative à Grenoble avant d'écrire sur la consommation. Elle tient pour Trendly la rubrique Bio et partage des sujets de mode de vie : alimentation, cosmétiques, jardinage en ville et petites histoires insolites. Elle cultive des tomates sur un balcon de quatre mètres carrés.