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Les élections parlementaires du dimanche 4 mars 2018 en Italie ont fait couler beaucoup d’encre. Leurs résultats favorables aux forces anti-système ont créé un choc. Aujourd’hui, avec quelques jours de recul, il est possible de s’intéresser aux différentes personnalités portées par les urnes. Or, pour la première fois de l’histoire de la République italienne, un sénateur noir va siéger ! Mais il provient d’un parti politique pour le moins surprenant…

Son nom : Tony Iwobi

Tony Iwobi est né à Gusau au Nigéria le 26 avril 1955. Il est arrivée en Italie à l’âge adulte, en 1976, en tant qu’étudiant. Ensuite, il a fait carrière dans l’informatique. Il pratique la religion catholique. Son engagement politique est ancien, puisqu’il date de 1993. À ce moment-là, il décide d’intégrer la Ligue du Nord, un parti politique autonomiste classé par de nombreux médias occidentaux à l’extrême droite de l’échiquier politique. Depuis 2014, Iwobi est en charge des questions liées à l’immigration et à l’intégration. Cette mouvance nordiste devient nationale en devenant la Lega. Voici une intervention d’Iwobi datant de 2014 :

À l’issue du scrutin du 4 mars 2018, Tony Iwobi est élu sénateur dans la circonscription de Bergame, cité se trouvant non loin de Milan et de la frontière suisse. Eu égard à sa couleur de peau, son appartenance politique a paru surprenante pour de nombreux commentateurs étrangers. Pourtant, les faits sont là : il s’agit du premier sénateur noir de l’histoire de l’Italie !

Une affiliation paradoxale

Tony Iwobi s’est distingué par son affirmation de l’intégration à la culture italienne face aux immigrations de type communautariste. La Ligue du Nord puis la Lega ont utilisé son profil atypique pour mieux faire valoir leurs arguments anti-immigration face aux courants antiracistes. Les résultats des dernières élections italiennes semblent montrer que cette stratégie s’est avérée payante. Cette nouvelle insolite n’est pas restée inaperçue sur les réseaux sociaux :

Mais Tony Iwobi considère que la position anti-immigration de la Lega (qui a promis l’expulsion de 500 000 clandestins) constitue une « barrière importante contre le racisme ». Il explique que la discrimination « naît justement quand prolifère l’immigration clandestine », laquelle causerait inégalités sociales et situations d’insécurité. La seule élection d’Iwobi semble montrer que ses électeurs n’avaient pas de préjugé particulier concernant sa couleur de peau. Les citoyens italiens ont été nombreux à s’être montrés réceptifs vis-à-vis de ces discours, la Ligue du Nord ayant fait 4 % aux législatives de 2013, contre 18 % en 2018 pour la Lega nationale. S’il est possible que son leader Matteo Salvini devienne Premier ministre, il a en tout cas refusé toute alliance avec le Movimento 5 Stelle.

Source :

RT France