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Les vagues de réfugiés se dirigeant de l’Afrique et du Moyen-Orient vers l’Europe sont au cœur d’une véritable crise migratoire. Certains États s’y sont totalement ou partiellement soustraits, comme la Hongrie, la Tchéquie, la Pologne… Dans d’autres, l’opinion publique est partagée et la lutte électorale marquée par la question, comme en Allemagne ou en France. Dans ce contexte, Aurélien Taché a déposé en tant que député de la majorité une proposition de loi audacieuse. Il s’agirait d’accorder un crédit d’impôt aux personnes qui accueilleraient des réfugiés !

Une proposition inédite

Aurélien Taché serait sans doute resté un illustre inconnu en dehors de sa circonscription du Val-d’Oise s’il n’avait fait parler de lui ces jours-ci. D’abord auteur d’un rapport officiel sur l’intégration des immigrés, le député de La République En Marche vient de déposer une proposition de loi visant à encourager l’intégration des migrants.

Parmi les mesures préconisées, nous trouvons l’instauration d’un « crédit d’impôt solidarité ». Il s’agirait d’une « incitation financière », prenant un peu la forme de ce qui se fait pour l’isolation des logements. Cela ne remettrait pas en cause le caractère bénévole de l’hébergement de réfugiés, mais le faciliterait. Ce projet est né d’un constat : face au nombre des nécessiteux, les familles d’accueil volontaires sont trop peu nombreuses. Le député estime donc qu’il faut changer la donne pour en trouver davantage. On peut parler de participation citoyenne.

Aurélien Taché, un ancien de l’UNEF, souhaite également faciliter la mise au travail des immigrés. Il demande en outre une procédure abrégée pour instruire les demandes d’asile. Sa pensée a été synthétisée le 20 février au matin face à Nicolas Demorand au micro de France Inter : « Les politiques ont la responsabilité de dire qu’il n’y a pas de danger à accueillir les étrangers ».

Un autre son de cloche vers l’est

Presque au même moment, on peut entendre un discours radicalement différent de la part de dignitaires hongrois. Il faut savoir que la Hongrie, forte du soutien du groupe de Visegrád en la matière, passe pour la championne de l’anti-immigrationnisme, quitte à s’attirer les foudres de Bruxelles.

Le Premier ministre Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010, a de nouveau intimé à l’Union européenne de protéger ses frontières. Ses propos ont été tenus le 19 février, à l’approche d’élections législatives en Hongrie :

Il a notamment déclaré : « L’immigration menace notre sécurité, notre mode de vie et la culture chrétienne ». Les migrants ont ainsi été comparés à des « nuages obscurs s’amoncelant sur l’Europe ». Le dirigeant hongrois a alerté d’une possible disparition de la civilisation occidentale et des nations européennes. Ce sont les « politiciens de Berlin, Bruxelles et Paris » qui sont directement visés. Ceux-ci favoriseraient la diffusion de l’islam.

Pour la première fois, ce gouvernant d’Europe centrale a pronostiqué la scission de l’UE entre une Europe occidentale accueillant les immigrés et une Europe centrale sans immigration.

La proposition d’Aurélien Taché ne serait probablement pas accueillie en grande pompe en Hongrie… !

Source :

France Inter