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Né en Bulgarie le 20 juillet 1914, Dobri Dobrev est décédé le 13 février dernier. Mendiant, moine, SDF… Ce « saint de Bailovo » est particulièrement attachant. Son parcours est des plus singuliers. On le croirait tout droit sorti du Moyen Âge… ou d’un film, voire un conte de fées. Il aura atteint l’âge tout à fait respectable de 103 ans. Voici donc les recettes qu’il a suivies pour devenir centenaire tout en édifiant la population bulgare !

Une vie à la fois simple et rocambolesque

Son nom est Dobrev, ce qui signifie « au revoir ». Son prénom : Dobri, soit « le bon ». Était-ce une prédestination ? En tout cas, il a fini par être surnommé « le saint de Bailovo », en souvenir de son petit village natal. En 1914, ce dernier ne comptait que 300 âmes environ, à une quarantaine de kilomètres de Sofia, la capitale de la Bulgarie, en direction de l’est.

Pour ne pas vous laisser sur votre faim, voici une vidéo sous-titrée en anglais présentant ce personnage sans pareil :

À peine né, le petit Dobri devient orphelin de père, ce dernier ayant été tué au front lors de la Grande Guerre. C’est alors sa mère qui prend sur elle le soin d’éduquer comme elle le peut son petit. En 1940, Dobri se marie, et il aura quatre enfants de son mariage. La famille habitant à Sofia, des bombardements anglo-américains blessent Dobri en marge de la seconde guerre mondiale. Celui-ci en conserva une quasi-surdité. Et il n’y aura pas de place pour le kir dans sa vie des plus simples…

Le basculement

On croit que tout finit avec l’âge. Oui, pour beaucoup, la retraite prend l’allure d’un terme, d’un achèvement. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. En effet, c’est à 86 ans que tout a commencé pour Dobri Dobrev. Celui-ci décide de donner ce qu’il possède à l’Église pour vivre de façon ascétique. Il compte mendier et philosopher, sans la moindre attache matérielle. Ce nouveau saint François d’Assise élit domicile dans l’église de sa bourgade natale, dédiée à saint Cyrille et son frère Méthode. La première mission qu’il se donne est de restaurer les édifices religieux bulgares dégradés par une cinquantaine d’années passées sous la dictature communiste. Voici quelques images du moine mendiant lorsqu’il avait 96 ans :

Dès lors, Dobri ne se déplace plus qu’à pied, parcourant de nombreux kilomètres pour faire la quête à la sortie de la cathédrale de Sofia. Tous les dons reçus sont donnés à l’Église. En tout et pour tout, il aurait recueilli 40 000 euros environ. En monnaie locale, cela représente 80 000 leva. Un huitième du total a été dévolu à l’église paroissiale de Bailovo. Une plus grande part encore a servi au monastère de l’Assomption d’Eleshnishki, non loin de là. Près de la moitié des aumônes reçues ont été allouées à la cathédrale Alexandre-Nevski de la capitale. Enfin, l’église de Gorno-Kamartsi a également attiré l’attention du pieux mendiant. Mais il faut encore ajouter le financement d’établissements scolaires, d’autres couvent et d’orphelinats.

Quoi qu’il en soit, sa grande barbe blanche et sa robe de bure misérable ne sont pas passer inaperçues… De fait, Dobri Dobrev était très apprécié des Bulgares. Fort d’une spiritualité en acier trempé, il a rendu l’âme le 13 février 2018 à Kremikovtski, un monastère.

Source :

GentSide