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Le triste sort du petit Alfie Evans, en Angleterre, a ému des peuples entiers. Des nations étrangères lui ont donné leur nationalité et des hôpitaux ont accepté de l’accueillir. Mais la justice britannique a refusé tout transfert et confirmé sa mort par arrêt des soins et traitements, contre l’avis de ses parents. Parmi les interventions les plus médiatisées, il y a eu celle du pape François, qui s’est exprimé à plusieurs reprises. Une actualité qui interroge et dont toutes les facettes n’ont pas encore été élucidées : les dernières nouvelles mentionnent une potentielle « euthanasie » active, l’enfant s’étant accroché à la vie.

Un enfant comme les autres ?

Alfie Evans est décédé le 28 avril 2018 à 2 h 30 du matin. Il avait à peine un peu moins de deux ans. Gardé au sein de l’hôpital Alder Hey à Liverpool, il se trouvait depuis une année dans un état semi-végétatif causé par une maladie de type dégénératif. Ses parents se battaient pour la poursuite des soins, mais le service médical et un magistrat anglais en ont décidé différemment. Le déroulement de l’intrigue a été particulièrement ubuesque. À certains égards, cela rappelle le cas de Vincent Lambert en France, pays où la législation ne permet pas encore aussi directement de telles extrémités.

Les médecins prévoyaient une mort d’Alfie Evans par asphyxie au bout de quelques dizaines de minutes ou quelques heures après le débranchement de sa ventilation et de son oxygène. Parallèlement, tout soin hygiénique était arrêté, de même qu’hydratation et alimentation.

Alfie aura finalement survécu 36 heures, ce qui était imprévu. En outre, les dernières fuites venant de l’hôpital font état de l’administration de quatre « médicaments » deux heures avant la constatation du décès. Ces produits ont été administrés en l’absence du père, Tom Evans, convoqué en pleine nuit pour une réunion avec du personnel hospitalier. Il pourrait s’agir de Fentanyl et de Midazolam pour provoquer une détresse respiratoire mortelle. C’est la thèse défendue par le quotidien italien La Nuova Bussola. La famille Evans devrait demander une autopsie assortie d’analyses toxicologiques. L’affaire est donc loin d’être close.

Un hôpital devenu une prison ?

Ce qui a le plus choqué l’opinion publique du monde entier dans l’affaire Alfie, c’est l’acharnement de ceux qui avaient décidé sa mort. En effet, ses parents se sont juridiquement battus. Ils ont également reçu le soutien symbolique du pape, mais aussi l’acceptation par l’hôpital romain du Bambino Gesù de recueillir et de soigner l’enfant. Cela a été refusé par un juge anglais, Hayden, qui a considéré que le transfert était trop dangereux. Pourtant, il a acté la mort d’Alfie au nom de « la dignité humaine » et de « son intérêt bien compris ». Ce magistrat était déjà connu pour des positions militantes par le passé. Il a par ailleurs refusé le retour d’Alfie dans son domicile familial en Angleterre où, sans traitement, il serait mort dans des conditions humaines, nourri et hydraté.

Le vice-président des États-Unis Mike Pence a lui aussi publiquement soutenu la famille Evans, de même que les gouvernements italien et polonais. En Pologne, de nombreuses banderoles demandant la grâce d’Alfie avaient été déployées lors de matchs de football et en d’autres occasions publiques. La famille royale anglaise, avec la naissance de Louis, a été interpellée mais a gardé le silence.

Lorsque la programmation de la mort du petit Alfie a été rendue publique, de nombreux soutiens se sont manifestés dans plusieurs pays. L’hôpital du drame a été bouclé par les forces de police jusqu’au décès de l’enfant. Le 30 avril, un grand lâcher de ballons a eu lieu devant l’Alder Hey Hospital. Les faits pourraient constituer une date marquante dans l’histoire. L’eugénisme est de nouveau mis sur le devant de la scène. Pareillement, le concept de totalitarisme est évoqué. La question est de savoir s’il l’emportera ou non.