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L’« affaire Vincent Lambert », comme il est courant de l’appeler, n’a pas fini de faire parler d’elle. Elle dure grosso-modo depuis 2013, avec plusieurs rebondissements. Malgré des améliorations sensibles dans l’état du patient, l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du malade a été de nouveau décrété par le CHU de Reims… alors que de nombreux autres établissements de santé souhaiteraient accueillir Vincent Lambert pour le soigner comme il devrait l’être. C’est à ne rien y comprendre !

Bref rappel des antécédents

Vincent Lambert est né en 1976. Victime d’un grave accident de la route en 2008, il se retrouve dans un état dit de « conscience minimale plus » ou « pauci-relationnel ». Il est alité au CHU de Reims. En 2013, au bout de cinq années environ, l’équipe médicale locale consulte son épouse devant la loi et décide d’arrêter l’alimentation et l’hydratation du patient, assimilées pour l’occasion à des traitements. Mais la femme de l’intéressé – Rachel – avait alors déjà refait sa vie, et les parents ainsi que la fratrie Lambert n’ont pas été consultés. Ces derniers ont donc vivement réagi pour faire connaître la vérité sur leur parent :

Les membres de sa famille ont donc commencé une lutte juridique de longue haleine. Au cours de celle-ci, ils ont pu recueillir les avis médicaux de différents experts ainsi que l’acceptation d’autres établissements de santé pour accueillir Vincent Lambert. En effet, le service du CHU de Reims dans lequel se trouve ce dernier n’est pas spécialement adapté à son état. Finalement, après un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, devant la survie du patient et dans un contexte judiciaire difficile, l’équipe médicale recule. Il faut dire qu’entre-temps Vincent Lambert était parvenu à déglutir de manière naturelle de la compote en plus d’avoir exprimé des émotions par le biais de larmes.

Du nouveau pas très positif pour Vincent Lambert

L’affaire Vincent Lambert pourrait devenir emblématique, d’autant plus que l’individu en question a depuis son accident connu des améliorations dans son état. Il respire de façon autonome et peut interagir de diverses façons avec son entourage. En fait, contrairement à une opinion jadis répandue, il ne se trouve pas du tout dans le coma et il est conscient d’une grande partie de ce qui se passe autour de lui, comme l’illustre ce témoignage vidéo :

La situation de Vincent Lambert montre que l’hydratation et l’alimentation, qui sont des besoins naturels élémentaires de l’être humain, sont désormais considérées comme des soins et traitements pouvant officiellement relever de l’acharnement thérapeutique. Cela signifie qu’en élargissant le schéma des bébés, malades ou personnes âgées incapables de se nourrir toutes seules pourraient connaître un sort analogue.

Le 9 avril 2018, la nouvelle a été rendue publique. Le CHU de Reims, par l’intermédiaire du docteur Vincent Sanchez, a décidé de reprendre la procédure d’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation par voie de perfusion de Vincent Lambert. L’aboutissement de ce procédé doit être, au bout de quelques jours ou semaines, la mort par inanition du patient. Cette fin est peu enviable, mais l’affaire pourrait créer un précédent s’appliquant à de nombreux blessés en France. Cela rappelle aussi l’offre peu alléchante faite à Roger Foley au Canada. Surtout, cette nouvelle décision intervient dans un contexte de débat autour de l’euthanasie. S’il était traité comme son état le demande dans un établissement spécialisé, Vincent Lambert pourrait peut-être parvenir un jour à s’exprimer et faire part aux Français de ce qu’il doit immanquablement avoir à dire.