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Le harcèlement est une préoccupation collective qui fait beaucoup de bruit depuis longtemps. Une enquête menée par l’Intersyndicale nationale des internes en médecine (ISNI) révèle une présence ancrée du harcèlement sexuel et du sexisme dans le milieu hospitalier.

L’enquête recueille un total de 3 000 témoignages

Comme dans d’autres domaines, le sexisme est présent dans le milieu hospitalier. Il s’agit d’un phénomène ample et grave dont on parle très peu. Les résultats des enquêtes menées dans d’autres pays occidentaux se rejoignent également sur ce point. En moyenne, entre 30 % et 50 % des étudiants en médecine ont affirmé avoir été victimes ou témoins d’une forme de sexisme durant leur formation et/ou directement sur leur lieu de travail.

En France, les témoignages qui se multipliaient ont poussé l’ISNI à enquêter, et ce bien avant l’affaire Weinstein et l’engouement des réseaux sociaux autour du hashtag dédié « #balancetonporc ». Les résultats de l’enquête publiée récemment sont stupéfiants. Sur 3 000 témoignages (hommes et femmes), 10 % ont déjà subi au moins une fois une forme de harcèlement sexuel. Parmi ces cas, la moitié se compose de gestes non désirés et répétés. 12 % font état de chantage contre des services sexuels et 9 % représentent des simulations d’actes sexuels.

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Crédit photo : Hush Naidoo – Unsplash

Des agressions de la part de supérieurs hiérarchiques ou de médecins dans 50 % des cas

Les auteurs sont, dans la moitié des cas, des supérieurs hiérarchiques des victimes ou des médecins. Dans 30 % des cas, les victimes n’osent pas verbaliser leur agression. Enfin, seulement 0,15 % des agressions mènent à des procédures judiciaires.

Outre le harcèlement, un autre problème se pose également dans le milieu hospitalier. Le sexisme ambiant est très répandu et à l’origine d’un climat social pesant. Parmi les participants à l’enquête, seulement 14 % affirment ne pas avoir remarqué de sexisme au quotidien. Une quasi-moitié des internes déclare en revanche être victimes d’au moins une forme de sexisme.

Pour beaucoup, les remarques sexistes sont maintenant perçues comme « normales », notamment lorsque des personnes hiérarchiquement plus élevées en sont les auteurs.

Source :

Demotivateur