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Alors que Fort McMurray est en proie aux flammes, des experts affirment que les feux de forêt sont plus fréquents et plus intenses que jamais, principalement à cause du réchauffement climatique.

D’éminents scientifiques de l’Alberta disent que le changement climatique a probablement contribué à l’incendie de Fort McMurray qui a ravagé déjà plus de 527 km² de terres.

Le feu a contraint plus de 80.000 personnes à fuir et est déjà décrit comme l’un des plus dévastateurs de l’histoire de l’Alberta, voire du Canada. Pourtant, Marc-André Parisien, un chercheur au Centre de foresterie du Nord à Edmonton, affirme que l’Alberta peut s’attendre à des feux encore plus intenses dans les années à venir.

Mardi 3 mai, la température à Fort McMurray était de 32,2°C, soit 4,5°C au dessus des moyennes de saison

“En regardant les données météorologiques des 100 dernières années, nous savons que la saison des incendies s’allonge, et les incendies intenses comme celui-ci sont de plus en plus communs”, indique Marc-André Parisien. Il ajoute que la sécheresse de l’an dernier (si extrême que le gouvernement de l’Alberta l’a officiellement classée comme une catastrophe) et les conditions d’El Niño ayant causé un hiver doux dans une grande partie du Canada, a rendu la végétation et le sol extrêmement secs et donc un combustible de choix pour le feu.

Le gouvernement de l’Alberta énumère les sécheresses et les feux de forêt comme des événements météorologiques extrêmes qui sont plus susceptibles de se produire avec le changement climatique. Le site Natural Resources Canada, comporte un avertissement similaire au sujet des feux de forêts provoqués par les effets du changement climatique.

“Cela est dû au changement climatique causé par l’homme”

Mike Flannigan, professeur à l’Université de l’Alberta et directeur du Western Partnership for Wildland Fire Science, est un grand spécialiste des feux de forêt. “La superficie brûlée au Canada a augmenté au cours des 40 à 50 dernières années. Cela est dû au changement climatique causé par l’Homme”, affirme-t-il. Il estime que la hausse des températures au Canada conduisent à assécher le sol et la végétation, augmentant les coups de foudre, et l’allongement des saisons d’incendie.

Une étude datant de 2014 et publiée dans Science a d’ailleurs constaté que le changement climatique a conduit à une augmentation des coups de foudre, l’une des causes principales des départs de feux de forêt.

Une étude de 2013 publiée dans la revue PNAS a montré que les forêts boréales (le type de forêt brûlant actuellement à Fort McMurray) n’avaient pas brûlé aussi fréquemment qu’au cours des 10.000 dernières années.

Au Canada, les forêts brûlent plus que jamais. Une étude de Janvier 2016 publiée dans la revue Climatic Change a montré que 8000 feux ont brûlé plus de deux millions d’hectares par an en moyenne, au cours de la dernière décennie. Les décennies précédentes ne comptaient en moyenne “qu’un” million d’hectares brûlés par an.

“Tout mettre sur le dos du changement climatique n’aide pas”

Alors que les experts s’accordent sur la cause de cet incendie dévastateur, les politiciens sont contre cette idée. Le Premier ministre Justin Trudeau dit que lier des catastrophes naturelles spécifiques aux changements climatiques n’est pas utile et qu’il est préférable de noter que la fréquence et l’intensité des catastrophes augmentent toujours plus.

Crédit photo principale : Flickr – jasonwoodhead23