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Pas besoin d’être un grand mathématicien… Il suffit de savoir faire une banale soustraction, quoiqu’avec des millions, pour se rendre compte que ça n’est pas bon du tout. Quand une population enregistre plus de décès que de naissances, cela signifie qu’elle est sur le déclin, pour x ou raisons. Si cette tendance continue trop longtemps, c’est même l’extinction qui peut menacer. Des commentaires parlent donc logiquement d’« hiver démographique » sur le Vieux Continent.

Des chiffres peu reluisants

Les dernières statistiques en date concernent l’année 2017 et émanent d’Eurostat, instance officielle de l’Union européenne en la matière. Les données que nous relayons ont été publiées à l’issue d’un communiqué de presse le 10 juillet 2018. Celui-ci fait état d’une légère hausse de la population européenne en 2017 par rapport en 2016, mais en précisant bien que celle-ci est due aux apports migratoires. Car sans cela on enregistre 5,3 millions de décès contre 5,1 millions de naissances en Europe. On voit donc que la différence des deux est très nette, et la tendance devrait malheureusement se poursuivre pour 2018. Il n’y a plus d’accroissement naturel de la population sur le Vieux Continent.

La démographie est une question qui occupe les esprits depuis un moment, comme dans cette vidéo pour l’Allemagne :

D’une manière générale, la population a augmenté dans 19 pays européens et baissé dans les 9 autres États répertoriés. Cela atteste de profondes disparités entre les différentes aires européennes. Les conséquences sont nombreuses, d’autant plus qu’une baisse de la natalité a, au cours de l’histoire, presque toujours préparé des crises économiques. La question du système des retraites devient de plus en plus cinglante. C’est aussi mauvais pour la croissance économique européenne et pour le bien-être des ménages.

Nous assistons aujourd’hui, d’après le Pr Dumont, à l’aboutissement de l’« hiver démographique » inauguré à partir de 1968-1975, années de Mai 68, de la légalisation de la pilule, des chocs pétroliers et de la dépénalisation de l’avortement, marquant la fin du baby-boom. Les dirigeants européens en sont de véritables révélateurs, puisque jamais l’Europe n’avait eu autant de chefs d’État à n’avoir aucun ou très peu d’enfants (Emmanuel Macron, Angela Merkel et Theresa May ne sont pas parents…).

Des données précises

Ce sont les pays à natalité plus forte qui tirent leur épingle du jeu, si l’on peut dire, comme l’Irlande avec un accroissement démographique naturel positif de 6,6 pour 1 000. En y ajoutant l’immigration (pas nécessairement d’origine extra-européenne), la hausse de la population y a été de 11,2 pour 1 000. La France s’en sort assez bien, avec 2,5 pour 1 000 d’accroissement naturel malgré une baisse de son taux de natalité. Mais ce résultat reste en partie subordonné à de précédentes migrations.

On trouve l’exact inverse là où la natalité est faible : la Bulgarie subit une diminution naturelle de son peuplement de l’ordre de 6,5 pour 1 000. Beaucoup d’États anciennement communistes font à peine mieux, à l’instar de la Roumanie, de la Lituanie ou encore de la Croatie. La Pologne et la Hongrie ont dû faire le choix de lancer des politiques natalistes vigoureuses, avec des résultats disparates ou encore peu visibles.

L’immigration de masse abonde plusieurs populations occidentales pourtant en régression démographique du point de vue de l’accroissement naturel : l’Allemagne notamment.

C’est une histoire que nous vivons au présent, et dont il est difficile de prévoir l’issue. La suite au prochain épisode…