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La science-fiction, c’est maintenant. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’aimerait pas la voir arriver par chez nous… En effet, des entreprises chinoises plaçant la productivité avant toute chose ont exploité le silence des lois nationales. Elles ont décidé de surveiller les émotions et pensées de leurs salariés. Un système apparemment déshumanisant qui fait froid dans le dos…

Intelligence artificielle et éthique

Le dispositif déjà employé par différentes sociétés chinoises ne peut exister que grâce aux progrès technologiques. En l’occurrence, c’est un ordinateur avec intelligence artificielle qui se trouve à la base de tout le système. Les travailleurs sont quant à eux sommés de porter un casque, lequel intègre des capteurs cérébraux. Ces derniers sont reliés à l’IA centrale, que nous pourrions surnommer « Big Brother ». Le Daily Geek Show parle de véritable « cauchemar en Chine » :

Cette nouveauté ne laisse pas de susciter des interrogations éthiques quant au potentiel emploi immoral de l’intelligence artificielle. Si la technologie peut aider l’homme, elle peut aussi le détruire en cas de mauvaise utilisation. Dans la situation qui nous intéresse ici, les capteurs cérébraux portés par les employés transmettent leurs émotions, comme la lassitude, l’énervement, le stress ou encore l’excitation.

Douze groupes concernés

Pour l’instant, ce sont douze sociétés en Chine qui utilisent ce dispositif quelque peu étonnant. Il est possible que ce nombre soit revu à la hausse à l’avenir, à moins d’une intervention du législateur chinois. À la base, la technique utilisée avait été inventée pour le tir à l’arc, où elle rendait service aux sportifs, avant d’être étendue à des domaines plus discutables. On parle de « surveillance émotionnelle » :

L’objectif poursuivi par les managers n’est certainement pas d’augmenter la sensation de bien-être au travail des employés. Non, leur but avoué est d’accroître la productivité. Un salarié émotionnellement chargé, dans un sens comme dans l’autre, risquerait d’impacter négativement la production. Assez tôt prévenu, son cadre peut le mettre au repos, le changer de fonctions, le former ou le virer. L’humain ne devient semble-t-il alors qu’une « ressource humaine » exploitable comme n’importe quelle matière première. Ce sont des êtres apathiques qui seront probablement privilégiés par cette IA.

Les résultats financiers seraient déjà au rendez-vous. La compagnie State Zhejiang Electric Power utilise ce procédé depuis 2014 et lui prête une croissance de 266 millions d’euros de ses bénéfices. Elle ne dit cependant rien sur ses salariés. Certains prophétisent l’« open-brain » pour succéder à l’open-space dans le monde entier… Espérons que ce ne soient que des chimères !