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Sous la présidence de François Hollande (2012-2017), Pôle Emploi avait dû lancer deux grandes vagues de recrutements. L’objectif était d’avoir assez de conseillers pour accompagner tous les demandeurs d’emploi. Depuis que la croissance économique est revenue vers la fin du quinquennat précédent, la tendance s’inverse. Les chômeurs sont moins nombreux, et les effectifs de Pôle Emploi ne sont plus en phase avec le nombre réel de demandeurs… On évoque donc la suppression de quatre mille postes !

Vers la suppression de quatre mille emplois ?

La baisse du chômage, en soi, ne peut que faire plaisir. Les Français sont pour beaucoup heureux d’avoir du travail (ou de pouvoir en trouver un plus facilement), tandis que le gouvernement ne peut que se frotter les mains. C’est également une bonne nouvelle pour les finances publiques et le budget de l’État. En revanche, il y a quelques victimes collatérales à cette bonne nouvelle. Et c’est notamment le cas de Pôle Emploi, l’institution chargée de conseiller les chômeurs ! Une courte vidéo revient sur cette actualité :

Le 6 mai dernier, Le Journal du Dimanche évoquait la possible suppression de quatre mille postes au sein de Pôle Emploi. Ce serait du jamais vu depuis la création de l’organisme en 2008, à l’occasion de la fusion entre Assédic et ANPE. Mais il faut dire que ce regroupement avait précisément eu lieu au moment où une crise économique mondiale s’apprêtait à faire rage pour près d’une décennie… Aujourd’hui, après des recrutements aux moments opportuns, il est parfaitement logique que la baisse globale du chômage en France entraîne une réduction de voilure chez Pôle Emploi.

Une relativisation timide

Face à ces révélations ayant filtré par la presse, la direction de Pôle Emploi n’a pas tardé à réagir. Elle n’a pas frontalement démenti l’information, se contentant de la relativiser. En fait, il reste fortement probable que le chiffre de quatre mille suppressions ait bel et bien été évoqué en interne par les dirigeants, mais qu’il ne soit ni définitif ni entériné. Cela signifie donc qu’il y aura bien des suppressions de postes nombreuses au sein de Pôle Emploi, mais dans une proportion pas encore connue avec précision. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, abonde dans le même sens. Sur France Inter, Charline Vanhoenacker évoquait le 7 mai dernier cette situation paradoxale :

Près de neuf employés sur dix ont au sein de Pôle Emploi un statut de droit privé. Cela signifie qu’ils ne sont pas véritablement fonctionnaires, quand bien même ils seraient un poids pour le budget de l’État. Cela permet à l’institution en question de conserver une souplesse relative. La réforme globale de l’assurance chômage pourrait cependant venir bouleverser tous ces pronostics, sait-on jamais.

Source :

Le Monde