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À Bruxelles, on peut acheter une arme en 30 minutes avec 500€.

Comment une petite ville dans un petit pays niché entre l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, et le Luxembourg est devenue la capitale djihadiste de l’Europe ?

La capitale de la Belgique a une fois de plus été plongée sous le feu des projecteurs lorsque deux des huit terroristes qui ont frappé Paris vendredi ont été identifiés comme résidents de Bruxelles. On sait également que deux des voitures utilisées par les terroristes étaient des voitures de location initialement louées à Bruxelles; l’une a été trouvée près de la salle de concert du Bataclan, tandis que l’autre était près du cimetière parisien du Père-Lachaise. C’est le cinquième attentat terroriste au cours des 18 derniers mois qui est associé avec la Belgique.

Le pays est le premier fournisseur de djihadistes en Europe, avec le plus grand nombre de combattants étrangers par habitant en Irak et en Syrie au sein de l’UE. Parmi les pays d’Europe occidentale (la Bosnie Herzégovine, le Kosovo et l’Albanie fournissent d’avantage de djihadistes), la Belgique est en tête, avec 40 djihadistes estimés par million d’habitants, suivie de la Suède (32), le Danemark (27), la France (18), l’Autriche (17) et les Pays-Bas (15).

carte djihadistes, Europe

Pays de provenance des combattants étrangers en Irak et en Syrie – Crédit photo: Radio Free Europe

Molenbeek, fief djihadiste

Des policiers armés ont effectué une descente dans le quartier Bruxellois de Molenbeek dimanche et lundi, arrêtant sept personnes soupçonnées d’être liées aux attentats de Paris. Lorsque les autorités ont enquêté sur l’assassinat du dirigeant anti-talibans Ahmad Shah Massoud en 2001, les attentats de Madrid en 2004, la fusillade du Musée juif l’an dernier à Bruxelles, et l’attaque du train Thalys sur la ligne Amsterdam-Paris fin Août, leurs enquêtes les ont conduit à Molenbeek.

Cela a incité certains journaux à décrire le quartier comme la “plaque-tournante des réseaux djihadistes”. “Je constate qu’il y a presque toujours un lien avec Molenbeek, qu’il y a un problème gigantesque”, a reconnu Charles Michel le 15 novembre en conférence de presse.

Françoise Schepmans, la bourgmestre libérale de Molenbeek (avec une population de 90.000 hab.) a appelé son quartier un “terreau de radicalisation fertile”, et il est facile de voir pourquoi. Le taux de chômage de Molenbeek est de 30%, le triple de la moyenne nationale, avec un chômage chez les jeunes estimé à environ 40%. Certains avancent que des problèmes de pauvreté, de surpopulation, ainsi que l’échec du gouvernement à intégrer les immigrants, ont créé ce “foyer du djihadisme”.

Marché noir florissant pour les armes

Au cours des dernières années, le quartier a été au cœur d’un marché noir florissant où une arme peut être achetée en un temps record. “Avec 500-1000€ vous pouvez obtenir une arme militaire en une demi-heure,” a déclaré à Reuters Bilal Benyaich, politologue et spécialiste dans la propagation de l’islam radical en Belgique. La lutte de Bruxelles pour contrôler le marché des armes à feu est comparée par Benyaich à une grande ville américaine, entourée par l’Europe sans armes.

Alors que les habitants de Molenbeek affirment que la réputation du quartier a été largement exagérée, la véritable ampleur de la radicalisation dans le quartier est difficile à connaître en raison de la politique fragmentée de la Belgique. Le pays est divisé entre Wallons (francophones) et Flamands; dans la seule ville de Bruxelles, il y a six services de police et 19 maires, ce qui entrave les tentatives d’une approche unie dans la prévention de la contrebande d’armes et de déjouer des complots terroristes.

Crédit photo principale : Pixabay – PublicDomainPictures