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Dans les attentats qui ont frappé Paris vendredi soir, le plus sanglant a été celui du Bataclan. Un journaliste du Monde qui habite derrière le Bataclan a pu filmer la fuite des spectateurs de la salle de concert. Des images terribles

Daniel Psenny, un journaliste travaillant au Monde, habite dans la rue où donnent les sorties de secours du Bataclan. Alerté par le bruit, il a pu filmer depuis sa fenêtre des images de la fusillade au Bataclan où jouait le groupe Eagle of Death Metal ce soir là. Dans cette terrible vidéo, on voit des personnes fuir la salle de concert, certaines en courant, d’autres en boitant, tandis qu’on peut entendre des coups de feu de la fusillade.

Le journal Le Monde prévient que les images peuvent choquer

La vidéo, publiée sur le site du Monde nous montre des images choquantes, capturées peu avant 22h depuis un appartement situé au deuxième étage du passage Saint-Pierre Amelot, dans le 11ème arrondissement.

Plusieurs fois, le journaliste demande ce qu’il se passe. Certaines personnes se font traîner sur la route tandis que d’autres, blessées, restent allongées sur le sol. Sur la façade arrière du Bataclan, une femme, qui dit être enceinte, est suspendue dans le vide par les deux mains entre le premier et le second étage de la salle de concert. Peu avant que la vidéo se termine, on voit qu’une femme vient l’aider.

Le journaliste a pris une balle dans le bras

Daniel Psenny raconte ce terrible moment: “J’étais en train de travailler chez moi. La télé était allumée, elle diffusait un film dans lequel Jean-Hugues Anglade joue un rôle de flic. J’ai entendu un bruit, comme des pétards, et j’étais persuadé au début que c’était dans le film. Mais le bruit était fort, alors je suis allé à la fenêtre.”

J’ai pensé aux images du 11 septembre

Lorsqu’il arrête de filmer, Daniel Psenny se décide à aller aider les gens blessés dans la rue. Le Monde relate son témoignage: “Je me suis alors dit que j’allais descendre pour ouvrir aux gens afin qu’ils puissent venir se réfugier. J’ai donc ouvert la porte de l’immeuble. Il y avait un homme allongé sur le trottoir. Avec un autre homme que je n’ai pas revu après, on l’a tiré pour le mettre à l’abri dans le hall. J’ai dû prendre la balle à ce moment-là.”

Évacué dans un hôpital où il a été opéré ce samedi matin, le journaliste raconte comment ils s’en sont sortis : “On a appelé les pompiers, mais ils ne pouvaient pas nous évacuer. J’ai appelé une copine médecin qui m’a expliqué comment me faire un garrot avec ma chemise. Et on est restés coincés jusqu’à ce que l’assaut soit donné et que le RAID vienne nous chercher.”