Le pastoralisme, composante clé du système économique au Sahel, fait face à de nombreux défis. En effet, on constate de profondes problématiques liées notamment à la mutation du marché, au changement climatique, à l’appauvrissement de la brousse, à un fort déséquilibre entre l’offre et la demande locale, l’insécurité ou encore l’inadaptation des politiques d’élevage. Nombreuses sont les difficultés des éleveurs nomades dans un tel contexte. Quels sont les nombreux enjeux du pastoralisme ? Comment les éleveurs s’organisent-ils pour surmonter ces difficultés ?

Les éleveurs du Sahel peuvent-ils rivaliser face à un marché en expansion ?

Les éleveurs nomades sont confrontés au quotidien à des défis particulièrement complexes. Ainsi, les conflits sur ce territoire instable et les modifications des systèmes de production représentent des menaces très élevées pour l’activité pastorale. En outre, le changement climatique impacte fortement les activités des éleveurs.

En dépit de ces difficultés sans cesse grandissantes, les 20 millions d’éleveurs présents dans la région du Sahel s’adaptent à des conditions extrêmes dans le cadre des activités de transhumance. Ils résistent, notamment grâce à la mise en place, il y a quelques années, d’un projet de soutien au pastoralisme visant à faciliter leur travail sur les terres pastorales via la construction d’infrastructures adaptées (abattoirs, marchés pour les bestiaux, campagnes de vaccination pour le bétail, etc.).

La croissance du marché bouleverse les traditions de ces populations d’éleveurs et des phénomènes relativement récents sont à considérer : le ranching, l’agrobusiness, la production de ressources minières. Ces éléments sont indéniablement en lien avec la crise que traverse le pastoralisme.

Dans ce contexte particulièrement délicat, on constate également une recrudescence des affrontements entre les peuples nomades et les populations sédentarisées. Un phénomène inquiétant pris très au sérieux par les autorités, qui veillent à mettre en place des solutions destinées à prévenir les conflits dans la région. Ainsi, comme indiqué sur le site de tawaangalpastoralisme.org, outre ces difficultés majeures, les éleveurs nomades ne cessent de véhiculer de fortes valeurs humaines et héroïques, en tant que dignes héritiers d’un patrimoine culturel exceptionnel.

Par ailleurs, les valeurs du pastoralisme reflètent la préservation de l’environnement et la biodiversité, ainsi que l’autonomie et la subsistance alimentaire des populations. Face à l’expansion du marché et aux dynamiques du monde moderne, les éleveurs ont ainsi pour objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, notamment par le biais de la diversification des cultures, l’évolution des systèmes, ainsi que la valorisation agroécologique.

La concurrence des produits importés fragilise l’économie pastorale qui résiste malgré tout à cette croissance et à la globalisation de l’économie.

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La brousse s’appauvrit : comment les éleveurs pastoraux le vivent-ils ?

L’appauvrissement de la brousse représente un autre défi majeur pour le pastoralisme. Selon un rapport de l’OCDE, les éleveurs ont en effet été contraints de procéder à une modification de leur système d’élevage.

Dans ce contexte, les populations nomades sont confrontées à des sécheresses régulières ainsi qu’une pression quasi permanente sur les ressources naturelles. De plus, cette tendance ne fait que s’accentuer compte tenu de l’exploitation forestière grandissante dans la région du Sahel, la disparition progressive des végétaux ou encore l’usage de produits particulièrement nocifs pour le traitement des sols. Les utilisateurs du territoire ne cessent d’augmenter, ce qui contribue à une réduction de l’eau disponible et par conséquent à l’augmentation des prix des produits. Un véritable cercle vicieux contribuant à l’appauvrissement croissant de la brousse et aux tensions entre les communautés.

Dans ce contexte, les éleveurs nomades font face et résistent avec force en démontrant des capacités très élevées d’adaptation. Ils travaillent ainsi dans des conditions très intenses et ont opté pour une diversification des modes de production. Les éleveurs font preuve d’une grande résilience face aux profonds bouleversements de la société et aux mutations en lien avec la globalisation de l’économie sahélienne.

Sahel : des éleveurs toujours plus indépendants !

L’indépendance des éleveurs du Sahel : un vaste sujet. Il s’agit là encore d’un défi majeur en raison des problématiques auxquelles sont confrontées les populations nomades. Le pastoralisme sahélien reflète un profond désir de liberté de la part des éleveurs, qu’elle soit économique ou individuelle.

Ce peuple très digne souhaite véhiculer des valeurs de solidarité et d’humanité, en dépit des conflits et nombreuses menaces qui pèsent sur les activités pastorales. Il s’agit d’un enjeu majeur pour l’avenir des communautés au Sahel, car l’indépendance des éleveurs, au même titre que d’autres facteurs structurels, peut permettre d’éviter une crise abyssale de l’élevage.

Le pastoralisme sahélien doit faire face à de multiples changements qui impactent fortement les activités d’élevage. Face à ces mutations et aux nombreux bouleversements associés, la promotion des valeurs des populations d’éleveurs est capitale pour la préservation de l’ensemble des systèmes pastoraux. L’agro-pastoralisme, en pleine évolution dans la région, représente l’un des aspects visibles de ces mutations avec la sédentarisation progressive de certains éleveurs transhumants.

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